L’Association des Amis du Musée de la Résistance de Châteaubriant, en charge de la gestion, de l’animation et de la valorisation du site situé à proximité de la Carrière des Fusillés, reçoit chaque année de nombreux dons. Archives et objets viennent ainsi enrichir une vaste collection que bénévoles et professionnels entretiennent quotidiennement afin d’en assurer la pérennité. C’est dans ce contexte, à l’occasion du grand nettoyage annuel, que Laura MIDY, conservatrice-restauratrice du patrimoine, a été contactée. Le constat d’état de deux objets soulevait en effet des interrogations.
Portrait de Laura MIDY, professionnelle du patrimoine
Après l’obtention d’un baccalauréat scientifique, Laura MIDY intègre l’École supérieure d’art et de design de Tours (ESAD), dont elle sort diplômée en octobre 2021. Elle lance son activité indépendante l’année suivante. « Je m’occupe seule des petits chantiers comme celui-ci. Dès qu’on m’appelle pour un chantier plus important, je fais appel à d’autres restaurateurs indépendants de la région. »
Installée près d’Angers, dans la commune de Saint-Mathurin-sur-Loire, elle travaille principalement dans la région Centre-Val de Loire, dans les Pays de la Loire et à Paris. « En 2022-2023, j’ai participé à la restauration de stèles égyptiennes au Musée du Louvre, au sein d’une petite équipe de restaurateurs venus de toute la France. Ce chantier, qui a duré six mois, visait à préparer leur transfert vers les nouvelles réserves du Louvre dans le nord de la France. »
Elle avait déjà collaboré avec le musée en 2024 : « J’ai d’abord été contactée via l’annuaire de la Fédération française des conservateurs-restaurateurs (FFCR) pour restaurer une maquette en bois. L’équipe du musée m’a ensuite rappelée en début de cette année, pour une suspicion d’infestation de vrillettes. »
Un diagnostic préventif
Selon l’aller-voir du 20 janvier 2026, « le châlit présente toutes les caractéristiques d’une infestation par des insectes xylophages. On observe de nombreux trous d’envol, d’environ un millimètre, ainsi que des galeries dans la partie basse. Au vu de leur taille, il s’agit probablement de petites vrillettes ». Le couvercle quant à lui semblait être l’élément le plus atteint. Toutefois, en l’absence de certitude quant à une infestation encore active, la restauratrice a choisi d’intervenir « par mesure de prévention. »
La présence de ces insectes n’est pas liée à de mauvaises conditions de conservation. Comme le précise la restauratrice, les vrillettes sont fréquentes dans les environnements riches en bois ancien, en particulier dans les églises.
« Les vrillettes se reproduisent rapidement et les dégâts peuvent évoluer vite, ce qui justifie une prise en charge immédiate. » Une intervention s’imposait afin d’éviter toute aggravation de l’état de ces deux objets.
Un protocole de traitement adapté
Le 7 avril dernier, la restauratrice procède à l’emballage des objets dans une enveloppe hermétique, formant une bulle étanche. L’objectif est de « retirer l’oxygène par des sachets absorbeurs ». Ce traitement, appelé anoxie statique, dure au minimum 21 jours. Il est, selon la spécialiste, « particulièrement adapté à ce type de situation », contrairement à d’autres méthodes comme l’anoxie dynamique (remplacer l’oxygène par de l’azote), les traitements chimiques ou la congélation.
Vingt-trois jours plus tard, l’installation est retirée afin de finaliser le traitement. Le résultat est concluant : « les sachets absorbeurs ont changé de texture, preuve qu’ils ont bien désoxygéné la bulle étanche ». Après le retrait du dispositif, une aspiration minutieuse est réalisée pour éliminer les derniers résidus de poussières et insectes morts éventuellement présents dans le bois.
Grâce à cette intervention préventive, le Musée de la Résistance assure une meilleure conservation de ces deux objets ; désormais de nouveau présentés au public. Une action discrète mais essentielle, au service de la sauvegarde et de la transmission du patrimoine.
Article rédigé par Aglaé COTELLE, étudiante en master et en stage au Musée de la Résistance de Châteaubriant, le 30 avril 2026, sous la supervision de Mélanie ALBERT, chargée de médiation du patrimoine historique.





































