Association des Amis du Musée de la Résistance de Châteaubriant

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Livrets militaires 436ème bataillon

Publié le Samedi 25 mai 2013, actualisé le 21 octobre 2017.

Fonds Daniel JOLYS

L’histoire des livrets militaires retrouvés

Au cours de la nuit du 18 au 19 juin 1940, le reliquat de la 5e brigade de cavalerie de l’armée française, commandé par la général Maillard, prend position dans la corne Nord-est de la forêt de La Guerche en Rannée. Cette unité, subordonnée à la 3e division légère de cavalerie, regroupe le 4e régiment de Hussards et le 6e régiment de Dragons en situation de repli après avoir combattu au Luxembourg. Cette formation comprend encore près de 2 000 soldats et autant de chevaux.

Le 6e Dragons stationne au lieu-dit la Cour Poisson où les officiers, dont le général Maillard, ont installé leur poste de commandement. Le colonel Jacotet commandant le 6e Dragons s’installe à la Haute Gaumonerie. Le 4e Dragons du colonel Chapin se positionne de l’autre côté de la forêt, vers le Chêne à la Vierge. Le général Maillard n’aura connaissance de l’armistice que le 25 juin, date de son application. L’officier va donc se présenter à la Kommandantur de Laval pour connaître la marche à suivre.

Au sud-ouest de Brains-sur-les-Marches, toujours en lisière de forêt de La Guerche, des soldats du 3e bataillon du 436e régiment de pionniers attendent également leur sort. Dans l’ouvrage « Telles furent nos jeunes années, Le Pays Castelbriantais sous l’Occupation » (Les dossiers de la Mée 2009), deux paragraphes sont consacrés à ce bataillon : « Des soldats français réussiront à échapper à temps aux camps de Châteaubriant : par exemple le troisième bataillon du 436e Pionniers. Placé à Pont de l’Arche, sur la Seine, il avait pour mission de retarder l’avance ennemie dans ce secteur. Il reçoit l’ordre de se replier, et en bon ordre, bien que talonné par les Allemands et bombardé par les avions, le Bataillon s’arrête à Brains-sur-les-Marches, à l’entrée de la forêt de la Guerche, au.complet, avec ses chefs et ses armes. Le commandant de ce Bataillon est M. Jean David. Son frère, vicaire à Châteaubriant, lui apprend que 45 000 soldats sont prisonniers dans cette ville. Le mardi 25 juin 1940, il reçoit la visite de Marcel Letertre-père, et du Sénateur Gustave Gautherot. Se tient alors un petit « Conseil de Guerre » d’où il ressort que toute résistance est impossible et qu’il faut éviter la captivité aux 800 soldats du Bataillon. Ceux-ci sont invités à « s’envoler » (ce qui leur évite cinq ans de captivité). Marcel Letertre-père fournit des vêtements civils au Commandant David, au Lieutenant Van Tielke et au sous-lieutenant Chauvel, et les ramène dans sa voiture à Châteaubriant avant de les conduire à Nantes le lendemain ».

« D’autres soldats n’auront pas cette chance. C’est le cas par exemple du 6e Dragons qui se cache au coeur de la Forêt de La Guerche. Depuis huit jours l’armistice est signé. Des soldats pensent rejoindre St-Nazaire, y embarquer, continuer la guerre. Mais leur colonel estime préférable de se rendre, avec les honneurs. Les Dragons auront en effet les honneurs du vainqueur, plutôt surpris. Les Allemands commencent par séparer les cavaliers et leurs montures, puis les hommes prennent la direction de La-Chapelle-Launay où sont déjà regroupés des milliers de prisonniers. Ils sont ensuite envoyés à Savenay avant d’être expédiés vers l’Allemagne ».

Les Allemands ne semblaient pas connaître la présence de ces unités toujours en armes. Le 2 juillet 1940, ordre leur est donné de rejoindre Châteaubriant avec la promesse d’une démobilisation des soldats. Ils ne devaient pas être considérés comme prisonniers de guerre puisque la convention d’armistice, signée le 22 juin et applicable le 25 suivant, laissait entrevoir une démobilisation des soldats en zone libre après remise des armes aux vainqueurs. Il n’en fût rien !

Janvier 2013,
Daniel Jolys

Téléchargement : Les titulaires des livrets militaires. (pdf - 44.8 ko) .

P.-S.

© Photo Patrice Morel

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