Association des Amis du Musée de la Résistance de Châteaubriant

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La Forge, Les camps du Pays Castelbriantais

L’internement

Publié le Mercredi 29 août 2007, actualisé le 14 janvier 2013.

Les otages d’octobre 1941

A prés la défaite de 1940, les troupes allemandes occupent une partie de la France. Elles parviennent ainsi en Bretagne et, le 17 juin 1940, entrent dans Châteaubriant.

Les soldats faits prisonniers à Nantes et dans les environs sont dirigés sur Châteaubriant, regroupés sur le champ de courses de Choisel puis, le 14 janvier 1941, transférés en Allemagne.

Cependant le camp de Choisel va subsister. On y interne d’abord les nomades que l’on avait concentrés à la Forge en Moisdon-La-Riviére. L’insalubrité de la Forge améne les autorités françaises à transformer Choisel en camp d’internement pour indésirables : nomades, prisonniers de droit commun et, à partir de la fin avril, détenus politiques des deux sexes, communistes en grande majorité, anciens dirigeants syndicalistes, dirigeants du Front populaire arrêtés pour faits de résistance par le gouvernement de Vichy, y sont ainsi regroupés. En octobre 1941, environ 600 personnes sont détenues à Choisel, les nomades ayant été renvoyés à la Forge où l’on a guére amélioré les conditions de détention. Extrêmement solidaires les uns les autres, ces prisonniers occupent leurs journées à des activités intellectuelles, sportives, récréatives.

Or, une ordonnance d’août 1941 a transformé tous les français arrêtés en otages potentiels.

Cette année 1941 est une année importante pour la Résistance en France.

Les groupes et les réseaux se développent.

A la mi-octobre, des groupes armés communistes, programment une série d’opérations à Bordeaux, à Nantes et à Rouen. Le lieutenant-colonel Hotz, est abattu à Nantes.

La réaction de l’occupant est immédiate. Le général Von Stà¼lpnagel, commandant militaire en France, fait annoncer par voie d’affiche que, « en expiation de ce crime », cinquante otages seront fusillés ainsi que cinquante autres si les coupables ne sont pas arrêtés avant le 23 octobre à minuit. Une récompense de quinze millions de francs est offerte pour la dénonciation des auteurs de l’attentat.

Un autre officier est abattu à Bordeaux. La riposte est la même : cinquante otages fusillés.

Le 22 octobre 1941, vingt sept otages sont fusillés à Châteaubriant. Tous refusent d’avoir les yeux bandés et les mains liées. Ils meurent en chantant La Marseillaise. Le même jour, seize otages sont également exécutés à Nantes, au champ de tir du Béle, et cinq autres au Mont Valérien.

Le 24 octobre 1941, cinquante otages sont fusillés à Souges, prés de Bordeaux. Neuf autres otages sont fusillés le 15 décembre à la Blisiére à Châteaubriant.

Alors que l’autorité allemande pensait faire de la fusillade de Châteaubriant un exemple, elle obtient l’effet inverse. Partout, cette exécution suscite l’indignation et la colére. Elle frappe de maniére irréversible la conscience des habitants de la région et l’ensemble de la population française, jouant un rôle important dans la mobilisation des énergies pour combattre l’occupant. Son retentissement est considérable dans le pays comme en extérieur.

Au printemps 1942, à la demande de l’occupant, les deux camps sont fermés et les détenus transférés, les nomades à Montreuil Bellay (49), les politiques hommes à Voves prés de Chartres (28) et Rouillé prés de Poitiers (86), les politiques femmes étant internés à Aincourt (actuel Val d’Oise).
Beaucoup connaà®tront ensuite l’horreur des camps nazis en Allemagne.

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